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Livre bleu : une feuille de route pour la stratégie maritime calédonienne

Le Cluster maritime et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont présenté le document qui pose les bases d’une véritable politique de la mer. Il est le fruit du travail réalisé par les professionnels du secteur eux-mêmes, à destination des élus, des institutions et des instances de décision.

Ce Livre bleu répond à une question tout à la fois simple et compliquée : que faire des 1 440 000 km2 qui nous entourent ? C’est en effet la surface de la « mer calédonienne » à savoir les eaux territoriales et la ZEE (Zone Économique Exclusive). Jusqu’à présent, des initiatives avaient été prises, notamment en matière de prévention et de préservation, comme la création de réserves naturelles ou celle plus récente du Parc Naturel de la Mer de Corail. Mais aucune politique globale de la mer n’avait vraiment été définie, la mer n’étant même pas un secteur à lui seul au gouvernement.

La publication de ce Livre bleu comble un manque criant et crée des perspectives. L’idée d’un tel document est née en juillet 2016 à l’occasion des États Généraux de la mer et il a fallu quatre années de travail, soutenu par les gouvernements successifs et les provinces. « L’origine de ce Livre bleu, écrit Philippe Darrason président du Cluster maritime de Nouvelle-Calédonie, est le résultat des engagements et dynamiques du monde économique. Il est le fruit d’un travail collectif en co-construction. Il a mobilisé l’ensemble des adhérents du cluster et au-delà pendant quatre ans. »

Créer une cohérence

En substance, le Livre bleu décline une feuille de route pour la stratégie maritime calédonienne qui liste six grands axes stratégiques et propose des actions, et fait un état de référence sur la mer calédonienne en huit grands chapitres. « L’objectif, explique Philippe Darrason, était de définir ce qu’est la mer calédonienne en 2020 et de déterminer quels seraient, selon le monde économique, les différents secteurs de développement de cette filière maritime. Il y a désormais des outils stratégiques sur la table des institutions qu’elles pourront développer et mettre en place. » Les six axes retenus par le Livre bleu concernent la gouvernance de la mer, la valorisation du capital naturel, la consolidation des différentes filières, la formation, la place de la Nouvelle-Calédonie dans la région et la protection du territoire maritime.

« La première chose à mettre en place, explique Christopher Gygès, c’est une vraie gouvernance de la mer en Nouvelle-Calédonie, avec les multiples acteurs publics et privés. » S’il s’agit de mettre en œuvre une politique-pays, une cohérence entre toutes les règles et procédures s’impose. « Notre demande forte est de voir se créer en Nouvelle-Calédonie un comité stratégique maritime, explique Philippe Darrason. Il faut absolument que l’on arrive à travailler en concertation avec toutes les compétences du maritime. Il y a une harmonisation à opérer. »

Développement et formation

« Il nous faut des infrastructures, ça c’est clair et qu’elles soient à la mesure de nos ambitions, souligne le président du Cluster maritime. Les ambitions du monde économique sont en termes de développement et de création de richesses. » D’ores et déjà, il est envisagé la création d’un pôle d’excellence maritime qui regrouperait une plateforme dédiée aux activités maritimes, comme la construction navale, la réparation et le carénage, ainsi que le démontage des bateaux, et la formation aux métiers de la mer.

« Nous allons créer un pôle d’excellence maritime à Numbo avec différentes activités, souligne Christopher Gygès, et le renforcement des actions de formation. Il faut également organiser le développement des filières et je pense au démontage des bateaux et au recyclage des épaves. Ces filières à construire sont créatrices d’emploi et l’on veut vraiment que les jeunes Calédoniens à l’avenir se tournent vers la mer qui représente un énorme potentiel économique. » Le but est de montrer que les choses ayant été actées, elles vont bien être mises en œuvre. « La création du secteur de l’économie de la mer et la mise en place d’une volonté d’avancer avec un budget de 400 millions qui a été débloqué dans le cadre du contrat de développement sont des réalités, insiste Christopher Gygès. Nous sommes dans une vraie dynamique et des actions concrètes seront mises en œuvre très prochainement. »

La pêche, secteur à développer

Bien évidemment, le secteur de la pêche dans ses différentes composantes n’a pas été oublié par le Livre bleu. Il est donc prévu des études afin de mieux définir les axes de développement. « On sait que la pêche est structurée, mais peut-être pas suffisamment, souligne Philipe Darrason. On a une pêche hauturière respectueuse de l’environnement et c’est un modèle économique qu’il faut développer. On sait qu’on a des ressources halieutiques très importantes. Il ne s’agit pas de les piller, mais au contraire de les valoriser intelligemment. En matière de recherches, il faut savoir quel est le potentiel de pêche de la Nouvelle-Calédonie et faire les choses intelligemment pour donner l’accès à cette ressource sans tomber dans les travers de nos voisins comme le Vanuatu où l’on voit à quel point la mer est pillée actuellement. Il faut se prémunir de tout ça, mais on a réellement des capacités de développement qui sont sous-utilisées. »

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