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Programme « Observateurs des pêches » : un outil de gestion pour une pêche responsable

Dans le cadre du développement de la pêche responsable, le programme d’observation des pêches hauturières en Nouvelle-Calédonie est un outil essentiel. Grâce à lui, le suivi des activités de pêche des palangriers en haute mer est facilité. C’est également une véritable aide aux pouvoirs publics dans la prise de décision. Dans ce cadre, un coup de pouce important vient d’être donné au recrutement de nouveaux observateurs.

On ne peut pas envisager l’avenir de ce secteur économique sans une gestion rigoureuse des stocks. La Nouvelle-Calédonie veille à la gestion de ses ressources marines et soutient une activité de pêche professionnelle durable et raisonnée. C’est dans ce cadre qu’a été créé le programme « Observateurs des pêches » dont la mission principale est la collecte de données relatives à l’activité de pêche palangrière d’une part et à la ressource biologique associée d’autre part.

Rôle des observateurs des pêches

Pour mener à bien cette mission, le programme « Observateurs des pêches » a été lancé en 2001 et est désormais mis en œuvre par l’Adecal Technopole depuis 2015. En embarquant à bord des palangriers lors des campagnes de pêches, « les observateurs, explique François Prioul, coordinateur des observations de pêche récoltent des données sur les opérations de pêche. Ils recensent des informations sur le matériel de pêche utilisé (nombre et type d’hameçons mis à l’eau, type de matériau), type d’appât, positions GPS de mise à l’eau et de récupération de la palangre… Ils se chargent également des mesures biométriques : ils identifient les espèces capturées, mesurent chaque individu qu’il soit gardé ou rejeté. L’objectif est d’avoir une idée de la totalité du prélèvement de la pêche hauturière. »

L’ensemble des données collectées par les différents programmes d’observation en place dans les pays du Pacifique est centralisé dans la base de données hébergée par la Communauté du Pacifique (CPS), le fournisseur de services scientifiques de la commission des pêches du Pacifique ouest et central (WCPFC). Les données d’observation sont complémentaires des informations fournies par ce que l’on appelle « les obligations déclaratives ». À chaque campagne en effet, les pêcheurs doivent règlementairement enregistrer l’ensemble des captures sur une fiche de pêche et l’adresser à la Direction des Affaires Maritimes. « L’analyse de ces différents jeux de données, explique François Prioul, contribue au processus d’aide à la décision et à la définition de mesures de gestion. »

Une équipe renforcée

Il y a quelques semaines, une formation PIRFO (Pacific Islands Regional Fisheries Observer) a été dispensée à l’initiative du programme « Observateurs des pêches » de Nouvelle-Calédonie, en partenariat avec la CPS. Cette formation a permis de délivrer les connaissances nécessaires pour assurer une collecte de données de pêche de qualité, aux standards reconnus à l’échelle du Pacifique.

« L’idée, précise François Prioul, était de former les observateurs déjà dans l’équipe du programme, mais aussi de l’ouvrir à toutes les personnes intéressées pour devenir observateurs. Cela a permis de certifier le programme Observateurs des pêches calédoniens et de l’enrichir avec un pool de nouveaux observateurs. Sept nouvelles personnes ont ainsi été certifiées au terme de quinze jours de formation. Le profil de ces nouveaux observateurs était assez varié, mais tous avaient un pied dans le domaine maritime. Certains de ces observateurs poursuivent le processus de formation en suivant les enseignements du CFBS (Certificat de Formation de Base à la Sécurité en mer) dispensé par l’école des métiers de la mer, nécessaire pour pouvoir réaliser leur premier embarquement ».

Accroître l’équipe d’observateurs répondait à une nécessité au vu de la tendance à la hausse du nombre de campagnes de pêche. La WCPFC recommande que 5 % des campagnes de pêche fassent l’objet d’une observation, « nous visons les 10 %, explique François Prioul, et comme cet objectif a été atteint en 2018 (9 % en 2019), nous souhaitons maintenir ce taux de couverture pour proposer un échantillonnage toujours plus représentatif de la réalité de la pêche palangrière en Calédonie. »

La journée type d’un observateur

Levé très tôt comme tout l’équipage, l’observateur assiste à la mise à l’eau des lignes. Durant les 4 heures que dure cette opération appelée « filage », il doit relever l’ensemble des paramètres permettant de caractériser cette étape (nombre d’hameçons, position géographique, etc.). De même, il assiste à la récupération de la ligne, le « virage ». « Cette étape peut durer 8 à 10 heures. C’est là où il y a le maximum de travail, explique François Prioul, il s’agit d’observer les 2 000 hameçons posés sur 50 km de ligne. À chaque capture, il identifie l’espèce et mesure la prise. Il peut également prélever des échantillons biologiques sur les organes des poissons. L’observateur n’est pas un contrôleur des pêches, mais son rôle est également de sensibiliser aux bonnes pratiques. À titre d’exemple, lorsqu’une espèce protégée est accidentellement capturée, l’observateur s’assure que le processus de remise à l’eau est respecté afin de relâcher l’animal dans les meilleures conditions. Les observateurs sont bien connus des armements et des équipages, lors des campagnes ils participent aussi à la vie à bord, le travail se fait dans une bonne entente ».

Un rapport d’activité annuel

Chaque année le programme « Observateurs des pêches » publie un rapport qui détaille les diverses missions menées tout au long de l’année. Le rapport 2019, dernier en date, indique ainsi que le volume des captures a atteint 2 516 tonnes l’an dernier, soit 168 tonnes de plus qu’en 2018. « Cependant, souligne François Prioul, en l’état actuel des connaissances à l’échelle de la ZEE calédonienne les stocks de thonidés ne présentent pas de surexploitation et l’effort de pêche autorisé dans cet espace maritime est cohérent avec une exploitation raisonnée. » Les thonidés représentent la majeure partie des captures. On note que 76 % des captures réalisées (en nombre d’individus) concernent des espèces commercialisables.

Liens pour télécharger le rapport :

https://www.technopole.nc/fr/pole-marin/autres-programmes#tab422

https://mer-de-corail.gouv.nc/fr/missions-du-parc-valoriser/valoriser-la-peche

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