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Statut des pêcheurs : pour structurer la profession

Ce 15 septembre, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté une délibération pour créer le statut de patron pêcheur. Cela répond à une très ancienne demande de la profession et constitue une étape importante dans la structuration de la filière pêche côtière.

Selon le gouvernement, dans un premier temps, environ 150 pêcheurs seraient éligibles au statut de patron pêcheur, puis 300 par la suite. La pêche côtière en Nouvelle-Calédonie pèse plus de 800 tonnes pêchées par an pour un chiffre d’affaires de 600 millions de francs. C’est un secteur professionnel et économique important, mais qui jusqu’à présent souffrait d’un manque de reconnaissance. La création de ce statut, équivalent à celui d’agriculteur, est le fruit d’un long travail de concertations avec la CPP-NC, la Confédération des pêcheurs professionnels, que préside Abel Cica depuis 2009.

La CCP-NC

Enseignant de formation, Abel Cica s’est lancé dans la pêche par passion. Souhaitant faire avancer des dossiers majeurs, il est élu à la tête de la CPP-NC en 2009, réélu sans interruption depuis, et à nouveau en juin dernier. « Mon moteur, c’est la pêche, confie Abel. C’est un secteur qui a besoin d’être valorisé pas plus que les autres, mais comme les autres. Si ce métier a toujours existé, il n’a pas été pris en compte par les institutions. Le pêcheur n’a pas de caisse de retraite, il n’a pas la CAFAT mais le RUAMM, il n’y a pas de convention collective. Le pêcheur a besoin d’être reconnu. »

La Confédération des pêcheurs professionnels regroupe les trois fédérations provinciales (une dans chaque province), sa création répond à une demande du gouvernement de n’avoir qu’un seul interlocuteur, car la pêche côtière souffre de la différenciation provinciale. « Le développement de la pêche récifo-lagonaire, écrit Abel Cica dans une lettre aux pêcheurs, n’est pas homogène sur les trois provinces, chacune ayant une approche stratégique spécifique à sa population et à sa géographie. Le développement économique est bien une compétence provinciale et les conditions d’accès à la profession, comme les aides à l’investissement, différentes dans les trois provinces, témoignent de ces prérogatives. »

Un comité des pêches

« Quand j’ai commencé, explique Abel Cica, j’ai compris avec d’autres que le secteur avait besoin d’être structuré. À la Confédération, nous avons demandé à ce qu’il y ait un statut du pêcheur et nous l’avons demandé à tous les membres du gouvernement qui se sont succédés depuis 2009. C’est en 2018, que Nicolas Metzdorf a présenté un projet, mais il a été mis de côté après les élections, jusqu’à aujourd’hui. » C’est donc une première étape qui a été franchie avec la reconnaissance d’un statut spécifique aux patrons-pêcheurs. « Le métier est vieillissant, confie le président de la CPP-NC. La valorisation du métier, c’est aussi le rendre attractif auprès des jeunes. Mais pour cela, il faut qu’il y ait une sécurité de l’emploi. Les jeunes ne sont pas prêts à se lancer comme ça dans un métier aussi difficile que la pêche. »

La Confédération entend maintenant aller plus loin et souhaite la création d’un Comité des Pêches qui correspondrait pour la profession à une chambre consulaire à l’instar de la chambre d’agriculture. « Nous avons demandé aux chambres consulaires, notamment la chambre d’agriculture, de nous intégrer, mais on nous a répondu négativement, explique Abel Cica. C’est pourquoi nous avons proposé la création d’un Comité des Pêches qui ferait office de chambre consulaire. Ce comité aurait pour but d’organiser par exemple la caisse intempérie, la convention collective, la cotisation à des caisses de retraite, une plateforme mécanique, tout ce dont les pêcheurs ont besoin. »

Le statut des pêcheurs

Pour bénéficier de ce nouveau statut, des critères sont exigés. Il faut être titulaire d’une autorisation de pêche délivrée par les provinces, disposer d’un permis de navigation en cours de validité, catégorie pêche professionnelle, être inscrit au répertoire d’identification des entreprises (RIDET) activité « pêche en mer » et être à jour de ses obligations sociales et fiscales. « La reconnaissance des pêcheurs professionnels via le statut du patron pêcheur, explique le gouvernement, permettra dans un deuxième temps d’engager des travaux de structuration de la profession. »

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