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PROTEGE : des actions pour créer une économie bleue

Le programme régional PROTEGE, financé par l’Union européenne et mis en œuvre ici en Nouvelle-Calédonie, est très actif en matière de pêche et d’aquaculture. Mais quelles en sont les retombées concrètes ? Nous avons fait le point avec Jean-François Laplante, animateur territorial PROTEGE au sein de l’ADECAL Technopôle et Matthieu Juncker, le coordonnateur régional Pêche côtière et aquaculture à la Communauté du Pacifique (CPS).

Si PROTEGE est financé par le 11e FED (Fonds Européen de Développement), c’est la Communauté du Pacifique et le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) qui assurent la mise en œuvre du projet. Ces actions sont réalisées avec les différentes collectivités à savoir les provinces, le gouvernement et certains partenaires comme l’Agence rurale ou les associations professionnelles. C’est le cas pour la pêche côtière et l’aquaculture dont l’ADECAL-Technopôle a été identifié comme chef de file en Nouvelle-Calédonie. « L’ambition de l’Europe, explique Matthieu Juncker, est de créer la coopération régionale entre les pays et territoires d’outre-mer. On s’est aperçu en effet que la communication est insuffisante entre eux et que de nombreuses pistes de collaborations pourraient se dessiner. PROTEGE vise donc à s’appuyer sur la coopération régionale pour développer des économies insulaires en préservant l’environnement, dans un contexte changement climatique. »

Gérer les stocks

Pour ce qui est de la pêche côtière, PROTEGE contribue notamment à la gestion participative des ressources et appuie l’évaluation de la pression de la pêche ainsi que l’acquisition de connaissances sur les ressources récifo-lagonaires. « La principale problématique, souligne Jean-François Laplante, est que la pêche côtière est éparpillée. Cela veut dire qu’un grand nombre de gens pratiquent la pêche côtière. Il est donc difficile de suivre l’état de la ressource et les prélèvements. Les études montrent que l’on a entre 6 000 et 7 000 tonnes de produits prélevés dont 1 500 tonnes par les pêcheurs professionnels et le reste par tout le monde. » Des projets ont été lancés comme la création de l’Observatoire de la pêche côtière permettant de mutualiser les bases de données et de faire des recommandations. Il y aura également diverses études sur l’état des stocks, ainsi sur l’holothurie et le picot notamment pour recommander une taille minimale des captures.

Diversifier l’aquaculture

En Nouvelle-Calédonie, l’aquaculture est essentiellement consacrée à l’élevage de la crevette. « Nous réfléchissons à la diversification aquacole, explique Jean-François Laplante, comment initier des cultures autres que celle de la crevette. En pisciculture, on travaille à Koné et Touho sur le pouatte, le picot rayé et le picot gris. On réfléchit aussi aux moyens de faire en sorte que les producteurs de crevettes rentabilisent davantage leurs infrastructures en ajoutant aux crevettes une espèce complémentaire. » Le champ des possibles est vaste, « on importe annuellement plus de 500 tonnes de produits marins en Nouvelle-Calédonie, précise Jean-François Laplante, ne pourrait-on pas les produire en Nouvelle-Calédonie avec une espèce locale ? »

L’animateur territorial de PROTEGE souligne toutefois que si l’on parle de diversification aquacole, on est encore loin d’avoir trouvé une 2e ressource comparable à celle de la crevette. Le dernier axe d’action de PROTEGE dans le but de créer une économie bleue est la valorisation des produits marins. « En Nouvelle-Calédonie, explique Jean-François Laplante, on produit, mais on pourrait mieux valoriser, car on exporte nos surplus de production sans dégager de marge. La question est donc bien de savoir comment faire pour ne pas seulement exporter nos produits, mais développer des produits de 2e ou 3e transformations. »  « Il faut s’adapter aux futurs changements qui se dessinent, ajoute Matthieu Juncker, et choisir les bonnes espèces sur lesquelles investir. Il faut donc être à l’écoute de ce qui se passe ailleurs pour profiter des expériences et gagner du temps. »

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