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Pêche côtière et distribution : trouver les bons chemins

Si la pêche en haute mer semble n’avoir pas de difficulté majeure pour écouler ses produits, il n’en est pas de même pour la pêche côtière. Le confinement et la crise sanitaire liée au coronavirus n’arrangent pas les choses. Nous avons fait le point avec Sylvie Jouault, déléguée générale du SIDNC, le Syndicat des importateurs-distributeurs de Nouvelle-Calédonie.

« En règle générale, nous explique Sylvie Jouault, les pêcheurs travaillent en circuit court avec les ateliers qui préparent les poissons en filets, en morceaux et autres pour répondre à la demande et aux besoins des consommateurs. Ensuite, ils passent soit en direct auprès des grandes surfaces qui ont des poissonneries ou des rayons en libre-service, soit par des grossistes pour tout ce qui est congelé et produits surgelés. Et il y a bien sûr les marchés comme celui de la Moselle. » En Nouvelle-Calédonie, le poisson et les produits de la mer sont appréciés et font l’objet d’une assez ample consommation et cependant la filière souffre quelque peu d’un manque de points de vente. « En Nouvelle-Calédonie, explique ainsi Sylvie Jouault, le marché du poisson frais est très limité. Il y a très peu de poissonneries sur l’ensemble du territoire. Vous avez des poissonneries en hypermarché et dans quelques supermarchés et c’est à peu près tout.

De plus, on trouve davantage de poisson préparé surgelé, et principalement du thon, que de poisson frais. » C’est pour cela qu’il y a une réflexion actuellement menée sur la manière d’améliorer la distribution des produits de la pêche côtière. « C’est vrai qu’en matière de distribution, la pêche hauturière est bien structurée, souligne Sylvie Jouault, et l’on retrouve davantage leurs produits sur les étals que ceux de la pêche côtière. Il faut dire que de nombreux Calédoniens pêchent eux-mêmes pour leur consommation personnelle, quant aux professionnels, ils vendent souvent en direct. C’est dû aussi au fait que souvent les pêcheurs côtiers ne font pas les volumes nécessaires pour entrer dans un circuit de distribution classique. Quand on vend en grande surface, il faut pouvoir assurer un approvisionnement régulier quasiment toute l’année et des volumes suffisants. » Ce qui n’est pas sans poser quelques difficultés à la filière pêche qu’elle soit hauturière ou côtière, d’où le fait que parfois, tous les acteurs de la filière soient sollicités.

L’aide de la distribution à la pêche côtière

« Nous travaillons avec l’Agence rurale sur des produits que l’agence soutient pour optimiser leur distribution, explique la déléguée générale du SIDNC. Il y a eu ainsi les darnes de thon, ensuite les conserves de thon “Délice des mers du Sud” pour écouler localement ces produits qui étaient envoyés aux Samoa dans les conserveries de Pago-Pago. À l’époque, nous avons participé à l’accord interprofessionnel pour que chacun fasse un effort sur ses marges et pour que la distribution de ces poissons soit bien coordonnée. » Mais en matière de distribution des produits de la pêche, les choses restent à améliorer et c’est finalement tout un état d’esprit qu’il faut peut-être changer.

« La difficulté principale, explique ainsi Sylvie Jouault, c’est le manque de diversité des poissons proposés à la vente. Nous avons la chance d’avoir une ressource naturelle importante et diversifiée, et c’est malheureusement toujours les mêmes espèces que l’on retrouve en surgelé ou sur les étals. Il va falloir travailler sur la diversité avec les pêcheurs, mais aussi en développant la consommation du poisson en Nouvelle-Calédonie. Dans le Grand Nouméa, il y a beaucoup de gens qui ne font pas des “coups de pêche” pour leur consommation personnelle, qui achètent le poisson dans les magasins et qui se plaignent de n’avoir pas assez d’endroits pour acheter du poisson et pas assez de diversité d’espèces vendues, sans parler du prix. Et en fait, pour le grand public, en termes de consommation, l’accès au poisson est assez limité. »

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