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La filière pêche côtière face au confinement

La filière, selon les derniers chiffres en date, compte environ 600 pêcheurs professionnels déclarés. Si une majorité de licences est délivrée par la province Nord, la plus grande partie de la production est assurée en province Sud. Mais avec le confinement, la filière rencontre des difficultés.

Le développement de la filière est assuré par 500 patrons pêcheurs et 80 matelots, mais ces chiffres sont plus importants en termes d’emplois indirects et ne représentent que les professionnels qui déclarent leur activité et leurs productions. La réalité est bien au-delà, mais hors des circuits « officiels ». La production déclarée annuellement est de l’ordre de 700 tonnes alors que les captures totales de produits côtiers sont estimées à plus de 7 000 tonnes ! Les pêcheurs sont regroupés au sein de la CPPNC, la Confédération des pêcheurs professionnels de Nouvelle-Calédonie.

« Nous représentons les pêcheurs professionnels côtiers, explique Chloé Fillinger, coordinatrice à la CPPNC, c’est-à-dire les personnes qui, munies des autorisations délivrées par la province, vont pêcher dans les eaux territoriales. Cela concerne aussi bien les pêcheurs qui vont dans la mangrove que ceux qui pêchent dans le lagon et dans les eaux territoriales, nous représentons une grande diversité d’acteurs et de techniques de pêche. La pêche côtière est aussi définie par des limites géographiques et marines, à savoir une pêche que l’on peut pratiquer jusqu’à 12 miles nautiques après la barrière. »

Développer la pêche responsable

La pêche côtière est particulièrement diversifiée dans ses techniques puisque l’on parle tout autant de la pêche à la nasse, la ligne, la senne, la plongée et la pêche profonde. « C’est de la pêche de proximité, explique Chloé Fillinger, donc il est difficile de définir les tonnages par manque de collecte de données, notamment entre les provinces. Il y a une vraie difficulté à dresser une synthèse à l’échelle du pays et ça manque. D’où le projet d’Observatoire des pêches [NDLR : qui vient d’être créé dans le cadre de PROTEGE (11e FED)] avec le gouvernement et les provinces. » Néanmoins, il y a des pistes de développement de cette pêche côtière, ne serait-ce qu’en privilégiant la pêche responsable.

« La certification pêche responsable existe depuis plusieurs années pour la pêche hauturière, précise Chloé Fillinger. Pour ce qui nous concerne, le référentiel a été homologué en décembre 2019. Notre fédération a été reconnue comme organisme de défense et de gestion du signe pour la pêche côtière, on est donc en train de mettre en œuvre le référentiel auprès de nos adhérents. On va mettre en place la phase pilote sur la traçabilité et mener les premiers pré-audits avec la dizaine de pêcheurs qui a participé à la construction du référentiel. Ils seront audités par l’AFNOR-Pacific avant qu’un comité ne leur attribue la certification. » Cette piste de développement va peut-être être empruntée d’autant que la filière aura particulièrement souffert en 2020.

Une année 2020 difficile

Deux tiers des produits de la filière passent par le marché de Nouméa, or la dépression tropicale Gretel qui est passée sur la Nouvelle-Calédonie il y a quelques semaines, puis le confinement, ont conduit les bateaux à rester au port. « La décision de fermeture du marché de Nouméa et l’interruption du colportage ont fait se poser beaucoup de questions aux professionnels, explique Chloé, car si la pêche professionnelle a été autorisée, l’écoulement des produits aura été problématique. »

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