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Gérer la pêche côtière dans le Pacifique Sud

Durant trois jours à la CPS (Communauté du Pacifique Sud), 20 états et territoires de la zone ont tenu la 3e réunion technique régionale sur la pêche côtière et l’aquaculture. L’objectif était de partager les solutions pour la gestion de ces deux secteurs.

La pêche côtière dans le Pacifique est estimée à 150 000 tonnes par an, une pêche qui alimente quasi exclusivement les marchés locaux, sauf pour certaines espèces comme l’holothurie qui est exportée vers la Chine. Cependant, y compris pour cette pêche, se pose la question de son développement durable et de la préservation des espèces. Or en la matière, il est difficile de s’y retrouver dans les réglementations et lois en vigueur dans chacun des pays de la zone. Afin d’éclairer les techniciens et directeurs des pêches, de mieux connaître les lois, de les comparer en vue d’éventuelles harmonisations, la CPS a créé une application originale.

Un outil de comparaison

Pendant deux ans, la cellule juridique de la division Pêches, aquaculture et écosystèmes marins de la CPS a travaillé à la mise en place d’un outil en ligne que la CPS présente comme « le plus grand outil de comparaison en ligne relatif à la législation des pêches côtières dans le Pacifique ». En effet, ReefLex, c’est son nom, compulse l’intégralité des lois et réglementations de chacun des 20 pays membres. « C’est un relevé de données juridiques, explique Ariella D’Andrea, conseillère juridique en pêches côtières et aquaculture à la CPS, on y trouve toutes les lois et réglementations, mais aussi les sanctions, en place dans les pays et territoires de la région. » Cet outil informatique, disponible sur le site Internet de la CPS, permet de mieux comprendre la situation de chacun ; « il y a de grosses différences entre les pays, explique Ariella D’Andrea, et même au sein de chaque pays, il y a des différences selon les filières. Il peut y avoir plus de contrôles sur une espèce particulière parce qu’elle est davantage exportée et moins sur d’autres parce qu’elles ne concernent que la consommation locale. »

Faire comprendre et accepter

La pêche côtière répond à des problématiques locales, néanmoins les états et territoires ont pris conscience ces dernières années de la nécessité de préserver les ressources. « Grâce à cette application, explique Ariella, le fait pour chaque pays de voir la diversité de réglementation peut leur faire comprendre que l’on peut modifier la législation et faire participer les populations pour la rendre acceptable. Tous les pays ont un gros besoin d’améliorer l’application de la loi, notamment en matière de pêche côtière. Il y a des questions culturelles et sociales, mais il est très important que les gens comprennent les raisons qui font que l’on doit mettre des règles en place et qu’elles soient d’accord avec ces règles. » La possibilité d’une harmonisation des réglementations en vigueur est parfois évoquée, « la question de l’harmonisation de la réglementation semble assez évidente au niveau régional, souligne ainsi Arielle D’Andrea, toutefois ce n’est pas forcément ce que veulent les pays, parce que la ressource n’est pas partagée, ce ne sont pas des stocks partagés. Les pays considèrent que la ressource est nationale. Il est important de savoir quel est le minimum de protection que l’on peut accorder à une espèce, mais il semble très difficile d’harmoniser les réglementations au vu notamment des différentes pêcheries. »

La réflexion existe cependant, en particulier sur des espèces dont l’exportation est source de revenus ; on pense notamment à l’holothurie considérée comme l’or noir du Pacifique. « Il y a des plans de gestion qui ont été mis en place, explique Ariella, mais ils ne sont pas tous applicables, mais cela veut dire quand même que les gouvernements essayent de faire un effort. En revanche, les exportations sont très contrôlées parce que ça ramène de l’argent. Cela étant, les holothuries pourraient être mieux gérées, c’est peut-être là qu’il pourrait y avoir une approche régionale commune. »

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