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Pêche hauturière : une filière quasi autonome

Créé en 2003, l’Observatoire des pêches a pour mission d’accompagner le développement de la pêche en Nouvelle-Calédonie, en fournissant études, analyses et données au comité de pilotage de la filière.

L’observatoire est amené à réaliser des études économiques et commerciales. Elles portent tout aussi bien sur l’état des emplois dans la filière, la sécurité, les navires que sur la rentabilité de la filière sur les différents marchés locaux ou à l’export. « Nous réalisons ces études pour le comité de pilotage de la filière, composé des trois provinces, du gouvernement, de l’Agence Rurale et des pêcheurs, explique Julie-Anne Kerandel du service de la pêche et de l’environnement marin à la Direction des affaires maritimes. La dernière étude que nous avons menée portait sur l’impact économique du développement de la flotte de pêche hauturière ; il s’agissait de voir si ajouter des navires à la flotte actuelle, qui est de 19 bateaux, aurait un impact positif ou négatif sur la filière. »

Une filière en progression

Les premières études menées par l’observatoire dès 2003 montrent les grandes difficultés auxquelles fait face la filière. « La filière, explique Julie-Anne Kerandel, a commencé son redressement à partir de 2010. Depuis 10 ou 15 ans que nous étudions la filière, on note une nette amélioration de son état économique. » Elle doit son redressement essentiellement à la structuration dont elle a fait l’objet. « La filière s’est en effet structurée, précise Julie-Anne Kerandel, ne serait-ce qu’en mutualisant le traitement du poisson. »

Et aujourd’hui, la filière pêche en Nouvelle-Calédonie est presque autonome. Cette progression est également le résultat du choix des professionnels de mener une pêche responsable. « Nos bateaux, explique-t-elle, pourraient pêcher davantage, mais pour quoi faire ? Le marché, tant local qu’à l’export, ne permet pas de tout écouler. Le marché local ne dépasse pas 2 000 tonnes, ça augmente de 50 tonnes à peu près tous les ans. Le but est donc de développer l’exportation en prenant en compte les coûts du fret. » Et l’on regarde vers l’Europe où des marchés ont été prospectés. « Le Japon, explique Julie-Anne Kerandel, où le poisson est vendu aux enchères, est un marché assez rentable, mais demeure restreint, car s’il y a trop de thons jaunes, les prix chutent. Il faut pouvoir écouler le thon blanc également. La solution de facilité était d’envoyer aux conserveries de Pago-Pago, mais on ne le vend pas cher. Il faudrait développer d’autres marchés, notamment localement et l’export vers l’Europe. »

La filière en chiffres

Depuis 2008, la production tend à la stabilisation : 2 387 tonnes en 2008, 2 348, dix ans plus tard, avec des pics en 2010 ou 2015 où l’on frôle les 3 000 tonnes. « On fait le constat d’années ou de saisons où il y a des pics de production, explique Julie-Anne, et des saisons et des années où il y a moins de stocks et cela on a encore du mal à l’expliquer. »

Sur les 2 348 tonnes pêchées l’an dernier, plus de la moitié sont des thons blancs (1 632 tonnes) loin devant les thons jaunes (387 tonnes) et il en sera de même pour cette année 2019, « sur les deux premiers trimestres de cette année, souligne-t-elle, on est à 1 024 tonnes de thon, c’est à peu près autant qu’en 2018. En règle générale, les deux tiers de la production sont assurés par le thon blanc. » À noter enfin qu’en 2016, la pêche hauturière assurait 293 emplois directs et indirects.

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