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« La filière hauturière peut commencer à se projeter »

Les campagnes de pêche de juillet-août se sont achevées sur de bons résultats. La filière s’est organisée et, par le biais de la Fédération des pêcheurs hauturiers, mène des projets en faveur de son développement.

La Fédération est présidée par Florent Pithon, également directeur de Navimon, la plus ancienne société calédonienne de pêche et qui compte aujourd’hui 8 bateaux.

« On a décidé de renouveler toute notre flotte sur trois ans, explique-t-il. Deux ont été reçus l’an passé et trois cette année, en novembre prochain. Un renouvellement possible grâce à la défiscalisation. Ce qui permet à Navimon d’être prêt pour les vingt prochaines années. »

La flotte de pêche hauturière a grandi ces derniers temps, avec l’arrivée de trois bateaux, un investissement des Armements du Nord, et compte aujourd’hui un total de dix-neuf bateaux. Ces bateaux de vingt-et-un mètres, sur lesquels servent des équipages de six hommes, partent pour des campagnes de pêche d’une douzaine de jours dans la ZEE, la Zone économique exclusive de la Nouvelle-Calédonie.

Rentabiliser la filière

Dans les eaux calédoniennes, et à l’instigation de la Fédération, on pratique une pêche responsable qui préserve la ressource. « Tout le monde souligne la façon dont la zone est bien préservée, explique Florent Pithon, et on espère que le gouvernement va continuer à soutenir notre modèle de pêche. Dans le même temps, dans la région les choses sont différentes, le Vanuatu, les Salomon, Fidji vendent des centaines de licences de pêche aux armements asiatiques qui pillent la ressource sans vergogne, et c’est une vraie préoccupation. » La filière pêche hauturière calédonienne fait vivre 800 personnes (pêche, distribution et commercialisation).

« Le nombre de licences est limité en Nouvelle-Calédonie, précise cependant Florent Pithon, de manière à ne pas créer de surpêche et par conséquent ne pas avoir de production que l’on ne pourrait pas vendre. Il faut donc faire attention, mais on travaille tous ensemble en bonne collaboration, cela permet de mieux gérer la situation. »

Des perspectives malgré des difficultés

Selon les responsables de la Fédération, l’une des principales difficultés à laquelle fait face la filière est la réglementation. « Il y a beaucoup de gens qui veulent travailler sur les bateaux, explique Florent Pithon, mais qui en sont empêchés pour tout un tas de raisons. Ça pose parfois des problèmes. On espère vraiment un changement de réglementation, il faut l’adapter davantage. Il n’y a pas de chute des vocations, il y a seulement une multiplication de barrières réglementaires et administratives. » Néanmoins, des perspectives existent et « la pêche hauturière peut commencer à se projeter ». D’où le travail mené depuis ces dernières années en lien avec les institutions, en particulier le gouvernement.

« La fédération, explique son président, permet d’échanger et de parler d’une seule voix, c’est très important pour les armements, notamment dans les débats avec les institutions. Notre politique est de faire attention à ne pas déstabiliser le marché, car ce qui nous permet de vivre, c’est le marché local. On couvre la totalité du marché calédonien en poissons hauturiers. »

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