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La pêche hauturière : une filière incontournable

Ces dernières années, la Nouvelle-Calédonie a mis en place des politiques publiques destinées à développer la pêche hauturière. La filière, totalement professionnalisée, a connu un développement important et elle est aujourd’hui porteuse d’espoir.

La Nouvelle-Calédonie compte aujourd’hui six sociétés de pêche, des armements, qui totalisent une vingtaine de bateaux pêchant de manière régulière hors du lagon, dans la zone économique exclusive de la Nouvelle-Calédonie. Ces armements pêchent chaque année près de 2 500 tonnes de poisson avec une forte proportion de thon blanc (69 %) et de thon jaune (17 %) ; parmi les prises, on peut également citer les thons obèses, les marlins, les espadons et les wahoos. « Cette filière, explique Théau Gontard, chargé de missions à l’Agence Rurale, représente un chiffre d’affaires annuel compris entre 1,2 et 1,5 milliard de francs. C’est une grosse filière, au même titre que les filières bovines, porcines et avicoles ainsi que celle de la crevette. » Les bateaux de pêche hauturière sont des palangriers d’environ 20 mètres de long sur lesquels vivent 4 à 6 hommes d’équipage qui travaillent lors de campagnes d’une durée de 12 jours.

Une pêche responsable

« En Nouvelle-Calédonie, la pêche hauturière se pratique de manière responsable, précise Théau Gontard, les armements sont quasiment tous certifiés. C’est-à-dire que la pêche est sélective, on ne pêche ni avec des chaluts ni avec des filets dérivants. On pêche à la palangre. C’est une ligne mère de plusieurs dizaines de kilomètres sur laquelle sont “clipsés” des bas de ligne portant chacun un hameçon. Si un filet attrape tout sur son passage, avec la palangre, seuls les poissons mordent et un hameçon = un poisson. » Par ailleurs, la pêche hauturière calédonienne veille aux conditions de formation et de travail des équipages ainsi qu’à l’amélioration de la vie à bord.

« Dans le cadre de la pêche responsable, insiste Théau Gontard, afin d’éviter la présence de mercure au-delà des normes sanitaires, nos pêcheurs rejettent tous les gros sujets âgés des espèces à risque, comme les gros marlins ou les espadons. Les plans de surveillance qui ont été mis en place par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont montré que depuis, aucun cas de taux de mercure supérieur aux normes n’avait été détecté dans les prises de thon blanc. »

Les axes de développement

La filière de la pêche hauturière s’est profondément modifiée ces dernières années, elle cherche désormais à se développer et dans ce contexte, l’intérêt est une meilleure valorisation du thon blanc qui représente plus de 60 % des captures. « Depuis 15 ans, explique Théau Gontard, on travaille à la réduction des coûts de production et à sa valorisation. La filière assure 100 % de l’approvisionnement du marché local et le surplus est exporté vers l’Europe, le Japon et les conserveries samoanes où les prix proposés ne permettent pas toujours d’atteindre l’équilibre. Il faut donc trouver aujourd’hui de nouveaux marchés rentables, d’où la création de la marque de prestige “Cap Lapérouse” développée par la Fédération des pêcheurs hauturiers et destinée à l’export. La marque, qui met en avant la qualité du produit calédonien, a été présentée officiellement au Seafood de Bruxelles en 2018. » La filière est en phase de recherche de débouchés sur les marchés européens et asiatiques et dans ce cadre, la perspective d’ouverture de lignes aériennes vers la Chine pourrait être une opportunité.

Dans le même temps, il y a quelques années, en coopération avec la Périgourdine, les professionnels ont lancé une marque de conserves destinée au marché local, « Les Délices des mers du Sud ». Après des débuts difficiles, cette marque est en train de s’installer et l’offre se diversifie avec des gammes à la tomate, à l’huile et à la mayonnaise. Enfin, de nouveaux marchés locaux ont été prospectés, c’est le cas de la restauration collective avec un vrai succès puisque d’une centaine de tonnes livrées, il y a 6 ans, 500 tonnes de produits hauturiers sont aujourd’hui consacrées à la restauration collective.

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