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Betty mène sa barque à Canala

À 53 ans, Betty, de son vrai nom Albertine Raleb, ne manque pas de détermination, du côté de Canala. Tantôt pêcheuse, cuisinière, guide et bientôt hôtelière, cette mère de six enfants redouble de savoir-faire.

C’est autour d’un café qu’elle nous a donné rendez-vous. Sous un soleil lumineux, à l’image de son sourire. Betty, « comme tout le monde m’appelle », précise-t-elle, dispose d’une aura chargée d’ondes positives. Son regard brun foncé est débordant de bienveillance. Avec lequel on se sent tout de suite à l’aise. « Ma maman était pêcheuse de crabe, alors j’ai commencé très tôt », lance-t-elle tout en remuant son café. « Déjà à sept ou huit ans, j’étais dans l’eau en train d’en attraper ». Une activité récréative qui devient rapidement une passion.

Originaire de Païta où elle a grandi et fait ses classes, Betty arrête l’école en troisième et tente un BEP commerce à Bourail. Rapidement écourté. Lorsqu’elle rencontre son mari avec qui elle comptabilise « 29 ans de vie commune et six enfants », elle s’installe avec lui à Canala.

« A partir de ce moment-là, j’ai voulu passer professionnelle. »
En 2008, elle « quitte » mari et enfants la semaine pour passer sa formation de patronne de pêche lagonaire. « J’ai fait ça pendant six mois, à Touho. Je voulais réussir à tout prix. J’ai dû faire quelques sacrifices et laisser mes enfants à mon conjoint. Mais, ça a valu le coup ».
Une indépendance et « la liberté de travailler à son compte », qu’elle chérit désormais plus que tout au monde. Depuis, elle s’adonne à la pêche aux gros à la traîne, non loin de Canala.
« Des tazards et des gros poissons que je revends en direct là-bas ».

Savoir se diversifier :
Et ce n’est pas tout. Armée d’une détermination sans faille, cette chef de file multiplie les activités parallèles. Et ne compte pas ses heures. Accueil de touristes « pour des chasses sous-marine et la découverte de la région », prise en charge de colonies de vacances… elle gère aussi un service de gamelle pour les gendarmes mobiles depuis près de quatre ans. « Ils ont commencé par venir goûter les brochettes que je faisais en bord de route, puis m’ont demandé de leur faire à manger trois jours par semaine, puis la semaine entière ».

Comme si cela ne suffisait pas, elle a également investi dans une machine à glace, qu’elle revend sous forme de sachets à ses collègues marins. Vivace, dynamique et pleine de vie, cette quinquagénaire, qui ne « connaît pas les siestes », ne semble pas réussir à se reposer très longtemps. Et lorsqu’on lui demande si elle a d’autres projets, elle acquiesce, tout sourire.
« Une chambre d’hôte, que je suis en train de rénover avec mon mari. Elle devrait ouvrir cette année ».

Un nouveau défi que Betty devrait relever haut la main, à l’image de ses multiples activités qu’elle manœuvre avec une aisance remarquable.

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