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Jean-Val Fauritte, marin à toute épreuve

À tout juste 29 ans, ce pêcheur de La Foa semble avoir vécu mille et une vies. De son enfance sur les eaux de Népoui à l’obtention de sa carte professionnelle, cet acharné conserve une passion débordante pour son métier.

Le rendez-vous était pris un lundi après-midi dans un bar de Nouméa, à l’ambiance chaleureuse. De toute évidence, on s’installe à une table avec vue sur mer. Il n’en faut pas moins pour ravir ce « fou-furieux des eaux », comme il aime à se qualifier lui-même. Depuis ses cinq ans, Jean-Val Fauritte passe son temps dans l’océan. Né à Nouméa, il grandit à Népoui, où son papa a été muté en tant qu’ingénieur. Il se souvient de la chasse sous-marine et de la pêche à la ligne, qu’il a commencées très tôt. « Il fallait même se bagarrer pour que je sorte de l’eau », se remémore-t-il, sourire aux lèvres.

Alors qu’il est tout juste adolescent, son père le laisse prendre l’embarcation familiale, seul. « Je me rappelle, une fois, où je n’avais pas bien serré la vis de la batterie. J’étais seul, à 12 ans, dans la baie de Népoui, en train de pousser le bateau ». Si son aîné l’emmène volontiers sur les flots à la recherche de trésors des mers, cette pratique n’est que récréative. « Pour mon père, c’était un loisir, pas un métier ». À ses 15 ans, il se lie d’amitié avec le fils d’un pêcheur. Avec qui il passe tout son temps libre. Une fois son Baccalauréat technologie de la production agricole en poche, il se lance dans les études. Un BTS gestion et protection de la nature, « pour faire plaisir à mes parents qui voulaient que j’étudie. Mais je savais que je voulais être pêcheur ». Il se ravise et « sans rien dire à personne et contre l’avis de tous », achète son premier navire.

Expérience et organisation

Avec ses lunettes de soleil aux reflets colorés disposées au centre du col de son tee-shirt, Jean-Val en impose. Très sûr de lui. Et pour cause. « J’ai commencé dans le métier avec une petite voiture citadine et un bateau de 4 mètres 20. Je partais pour trois jours en mer. À chaque fois, je dormais sur des îlots ou à bord ».

Des débuts qui lui réservent aussi de mauvaises surprises. « On m’a coulé mon bateau et cassé mes glacières. Mais je ne me suis jamais découragé ». Après plus de six ans d’expérience et une vie passée sur les flots, le jeune homme comptabilise désormais trois bateaux, à lui tout seul. « Ça me permet d’optimiser le travail et de passer d’une pêche à une autre ». Une organisation millimétrée qui lui a permis de capturer entre 10 et 12 tonnes de poisson l’année dernière.

Becs de canne, dawa, perroquets et carangues n’échappent pas à ses filets experts. Une technique aiguisée que ce « colérique, obsédé de la mer » a appris en totale autonomie. « Une fierté d’avoir tout fait tout seul, sans l’aide de personne », assure-t-il sérieux. Des coups de pouce, en revanche, il en a reçu. Son ami Christophe Pierron, lui a « donné les bons tuyaux ». Et le père de son copain d’enfance lui assure l’achat de ses captures depuis ses débuts. Mais cette année, il souhaite se diversifier. « J’ai acheté un camion de poissonnerie qui me permet de revendre en direct à Païta ». Afin d’être là où les autres ne sont pas. Une stratégie payante pour celui qui fait désormais, la fierté de ses parents.

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