Actualites

Flamboyants en fleur, faut-il s’inquiéter de la gratte ?

La gratte est au cœur de nombreuses croyances populaires. Si certaines s’avèrent efficaces, d’autres peuvent dangereusement induire en erreur. Petite mise au point avec la direction des Affaires sanitaires et sociales.

Quand les flamboyants ou les coraux sont en fleur, gare à la gratte entend-on souvent en Nouvelle-Calédonie. Pourtant, entre croyances locales et faits scientifiques, les différences sont majeures. D’après les spécialistes, l’algue à l’origine de cette intoxication alimentaire ne prolifère pas en fonction des saisons ou du climat. Elle se multiplierait en revanche sur les récifs dégradés. Toute perturbation entraînant la formation d’une grande surface de coraux morts peut favoriser son développement.

Les poissons herbivores ingèrent donc l’algue toxique toute l’année, en broutant sur le récif. La toxine s’accumule pour se concentrer en d’importantes quantités chez les poissons carnivores, au sommet de la chaine alimentaire.

Dans le pays, carangues, saumonées, bossus et thazards comptent parmi les espèces les plus toxiques. Comment les reconnaître ? Malheureusement, contrairement à ce que l’on raconte, un poisson « gratteux » ne s’identifie pas. Les croyances rapportent que les mouches et les fourmis s’éloignent d’une chair toxique, mais les scientifiques le répètent : c’est faux. Non seulement une mouche se pose dessus, mais en plus elle peut s’y reproduire ! Reste deux moyens de détection locaux non vérifiés par la science. Certains gouttent le foie et rejettent le poisson s’il apparaît trop amer ou piquant. D’autres le donnent à un chat, dont l’organisme est effectivement plus sensible que le notre à la toxine.

Pour éviter l’intoxication, de simples précautions peuvent être appliquées.

« Évitez de consommer les poissons localement réputés toxiques, conseille la direction des affaires sanitaires et sociales. Si vous les pêchez malgré tout, préférez les petites tailles, inférieures à 10 kilos. Videz soigneusement les poissons, sans consommer la tête, les viscères, les œufs ou le foie, parties réputées plus toxiques ».

Si aujourd’hui, il n’existe aucun remède commercialisé, les pratiques locales se montrent efficaces pour le traitement de l’intoxication. L’ingestion de concoctions à base de faux tabac ou de faux poivrier a une action bénéfique avérée. Ces plantes sont d’ailleurs étudiées de près dans les laboratoires. Les scientifiques essaient d’identifier les principes actifs de ces plantes pour les reproduire et en développer un traitement.

Tags
Afficher la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close
Close