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Christophe Pierron, marin émérite

À 48 ans, ce passionné de la mer, bercé depuis son enfance par les flots de la baie de St Vincent, se félicite de voir la profession de pêcheur, qui est celle de son père avant d’être la sienne, « enfin reconnue » sur le Caillou. Christophe Pierron est président du syndicat des pêcheurs professionnels côtiers de la province Sud (SPPCPS).

Il nous a donné rendez-vous au sein de son étal du marché de Nouméa, un mercredi matin à 8h00.

L’odeur de poisson embaume le bâtiment où sont réunis les professionnels de la mer qui s’affairent à disposer au mieux leurs fructueuses récoltes. À cette heure-ci, tous ont déjà bien entamé leur journée et au milieu des glaçons, les poissons se vendent à une cadence impressionnante. « Depuis début octobre, les ventes reprennent », lance Christophe Pierron. Affublé d’un tee-shirt gris surmonté d’un long tablier blanc, lunettes de soleil vissées sur la tête, ce quadragénaire vogue ici comme un poisson dans l’eau. Il faut dire que sa bonne humeur est communicative. À ses côtés, son papa Sylvain, 79 ans est en train de servir les clients.

« On travaille ensemble depuis toujours. C’est avec lui que j’ai découvert le métier à Boulouparis. Il a commencé à ses 14 ans et moi, je l’aide depuis que je suis tout jeune »

, explique Christophe. Entre les deux hommes, la complicité transparaît au premier coup d’œil et les sourires qui illuminent leurs visages témoignent de la relation unique qu’ils entretiennent.

« Lorsque j’étais au collège, je rentrais des cours et j’allais tout de suite au bateau sans prendre le temps de me changer »

, révèle le poissonnier. Et s’il a connu la pêche très tôt, Christophe n’en a pas fait son premier métier.

« J’ai eu beaucoup d’expériences professionnelles différentes, entre autres à la société Le Froid et à Enercal, mais je n’ai jamais été aussi heureux que lorsque je suis sur le bateau, seul, sans que personne ne puisse me contrarier »

, avoue-t-il le sourire aux coins des lèvres.

Depuis 2009, il sillonne le lagon cinq jours par semaine, à la recherche de saumonées, de becs de cannes et de loches, revendus ensuite sur son étal du marché, sur lequel il s’est installé en 2013. « On fait aussi des filets de dawa et de perroquets », ajoute-t-il. Et pour étoffer sa récolte et diversifier son offre, le professionnel a mis en place une organisation millimétrée. « J’ai trois navires différents, dont deux à Boulouparis », où il exerce son activité.

« Un de 7 mètres, un de 5 mètres 20 et un plus grand de 8 m 50 que je sous-traite à Nouméa. Ça permet de faire des sorties différentes et donc d’avoir une plus grande variété de poisson »

. Et lorsqu’il n’est pas sur l’eau, cet amoureux des océans ne s’en éloigne jamais vraiment. « Quand je ne suis pas à la pêche, je regarde des reportages sur la pêche », confesse-t-il hilare. Une passion dévorante qu’il met à profit dans sa seconde activité, celle de président du syndicat des pêcheurs professionnels côtiers de la province Sud (SPPCPS). Un organisme qu’il préside avec engagement.

« Cette année, il y a des avancées considérables pour la profession. On est en passe d’obtenir la création d’un statut pour les professionnels, c’est une reconnaissance que l’on attendait depuis des années. Ça permettra ensuite d’avoir accès à des droits particuliers qui n’étaient pas accessibles aux pêcheurs ! »

, s’enthousiasme-t-il. De belles perspectives d’évolution auxquelles ce mordu de pêche devrait assister puisqu’il compte bien « suivre le chemin » de son père, en « continuant d’exercer jusqu’à ce que je ne puisse plus le faire ! », conclut-il en souriant.

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