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Enfin un statut pour les pêcheurs calédoniens

Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement en charge de la pêche, présentait ce matin le projet de loi du pays sur la pêche maritime calédonienne, qui devrait conduire à la création d’un statut de patron pêcheur en Nouvelle-Calédonie. Une volonté portée par les pêcheurs eux-mêmes depuis 2009…

Nicolas Metzdorf, pourquoi fallait-il créer un statut pour les pêcheurs calédoniens ?

M. : « C’est ahurissant de voir qu’en 2018, bientôt en 2019, en Nouvelle-Calédonie, les pêcheurs n’aient pas eu de statut jusque-là. Nous habitons quand même une île, avec une ressource maritime impressionnante, un historique puisque les Calédoniens sont des pêcheurs, et les pêcheurs professionnels n’étaient pas reconnus par le Gouvernement et par les institutions. Donc c’est ce que nous allons proposer la semaine prochaine en séance plénière du gouvernement, de les reconnaître à travers une loi du pays, pour qu’ils puissent bénéficier des avantages que le gouvernement met en place en faveur du développement économique.

C’est une demande qu’ils ont formulée depuis longtemps et c’est un travail qui a été mené depuis plusieurs mois avec eux, et on est tombé sur un accord de ce qu’était un pêcheur en Nouvelle-Calédonie.

Ils devront donc respecter plusieurs choses, déjà déclarer leurs revenus, avoir une inscription au Ridet, avoir un permis de navigation et bénéficier d’une autorisation de pêche provinciale pour les pêcheurs lagonaires ou une licence de pêche du gouvernement pour les pêcheurs hauturiers. Voilà des conditions « normales », qui tendent à professionnaliser le secteur.

Aujourd’hui, il y a encore trop de pêcheurs dits professionnels qui n’ont pas de permis de navigation ou qui ne déclarent pas leurs revenus.

Cette obligation de posséder un permis de navigation, c’était une volonté des pêcheurs ? Ou alors c’est le Gouvernement qui l’a imposée ?

Pas du tout ! Les règles strictes que nous avons fixées à travers ce statut du pêcheur sont issues d’une volonté des pêcheurs professionnels, pour justement exclure les non-professionnels qui tendaient à décrédibiliser la profession et qui ne leur permettaient pas d’obtenir des avantages que les institutions pouvaient mettre en place. Donc c’est une volonté des pêcheurs eux-mêmes d’avoir une vraie profession.

Est-ce que cela permet, dans un deuxième temps, de structurer un peu mieux la filière et participer à la gestion des ressources ?

Oui bien sûr parce que lorsque l’on prend des réserves intégrales pour protéger les ressources, lorsque l’on protège des espèces, etc., il faut pouvoir discuter avec les pêcheurs. Mais qui sont les pêcheurs ? Donc aujourd’hui, maintenant, nous avons des interlocuteurs identifiés avec lesquels on va pouvoir discuter autour d’une pêche responsable, une pêche durable avec une protection de la ressource.

Et il n’y a pas plus protecteur de la ressource qu’un pêcheur. Parce que s’il n’y a plus de ressource, il n’y a plus de pêcheur. Donc aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, tous les pêcheurs hauturiers sont certifiés pêche responsable, et les pêcheurs lagonaires veulent s’inscrire dans cette démarche. Donc on est là pour les accompagner.

Vous disiez que les discussions n’avaient pas toujours été faciles, qu’est-ce qui a bloqué ?

Déjà, il y avait beaucoup de tensions au début parce que ça fait un moment que les pêcheurs demandaient un statut de patron-pêcheur. Donc ils étaient un petit peu fatigués d’attendre, ils étaient prêts à manifester leur impatience. Et ensuite, ça a beaucoup discuté sur les conditions, parce qu’ils voulaient des conditions très très dures les pêcheurs, pour justement identifier « que » les professionnels. Donc il a fallu prendre en compte les spécificités du Nord et des Îles, donc nous sommes parvenus à un consensus, finalement. Ça a pris quelques mois quand même, mais le travail a payé.

La prochaine étape, c’est quoi ?

Alors, il y a plusieurs prochaines étapes : quelle structure pour accueillir les patrons-pêcheurs ? Les chambres consulaires n’en veulent pas. Est-ce qu’on crée une structure pour les accueillir ? Certainement. Quelles formations met-on en place à destination des jeunes matelots ? C’est un métier qui est certes porteur d’avenir mais pour cela, il faut des gens qualifiés sur les bateaux, parce que pêcher, c’est un métier, ça s’apprend, et donc la Nouvelle-Calédonie met en place des formations spécifiques dédiées à la pêche, donc c’est de tout cela dont nous parlons aujourd’hui. »

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