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Abel Waima Cica, au gré des mers

Ancien instituteur devenu pêcheur professionnel originaire de la tribu de Xodrë à Lifou, Abel est un marin passionné et engagé. Président de la Confédération des pêcheurs professionnels de Nouvelle-Calédonie (CPPNC), Abel Waima Cica œuvre pour la reconnaissance de la profession sur le territoire.

Abel fait partie de ces personnes dotées d’une aura naturelle. À 52 ans, ce pêcheur en impose par son charisme et sa détermination. Nous l’avons rencontré à Nouméa, autour d’un repas chaleureux à l’atmosphère plus que détendue. De retour sur la grande terre pour des réunions autour de la Confédération des pêcheurs professionnels (CPPNC) qu’il préside, Abel n’est pas avare de compliments lorsqu’il s’agit d’évoquer son occupation principale. Il est vrai que depuis sa tendre enfance passée au bord de l’eau et sur les flots, il conserve son attachement à la nature dans laquelle il a grandi.

« Ce métier, c’est une passion », lance-t-il. Et pourtant le quinquagénaire a débuté sa carrière professionnelle en tant qu’instituteur. « Parce qu’il fallait que j’étudie », révèle-t-il. Une activité qu’il apprécie mais sans plus, à laquelle il mettra fin en 1996. « J’ai voulu arrêter parce que je me suis rendu compte que je pouvais vivre de la pêche. J’ai passé plusieurs formations au sein de l’école des métiers de la mer, dont celle de capitaine ». À la recherche de liberté et de ses amours premiers, Abel fait ses armes en tant que pêcheur à bord d’un bateau de 14 mètres, puis se ravise et achète un engin plus petit. « 6 m 20, c’est moins de charges et de complications » explique-t-il sérieux. Depuis, le pêcheur averti s’exerce à la palangrotte dans le lagon, autour de son île natale.

De ses sorties majoritairement journalières, il capture des poissons de fonds afin de fournir la poissonnerie de Wé. Des vivaneaux, des brèmes olives et des loches profondes, qu’il aime également travailler en cuisine, pour « partager et faire plaisir », ajoute-t-il le sourire aux lèvres.

Mais si cette liberté « n’a pas de prix » comme il le dit, les conditions qui entourent la profession ne sont pas toujours optimales.

« Vivre uniquement de la pêche, c’est difficile. Parfois, quand le temps est mauvais, on peut ne pas sortir pendant 2 ou 3 semaines. Du coup j’ai une deuxième activité, dans le domaine de l’agriculture. Lorsque je ne suis pas sur l’eau, je suis sur la terre pour cultiver ».

Des tubercules aux fruits et légumes, Abel a su se diversifier. Et il ne s’arrête pas là.

Ce touche-à-tout est aussi le représentant des pêcheurs auprès des institutions. « Je ferais tout ce que je peux pour que le métier ait une reconnaissance et que les jeunes puissent le voir comme une profession d’avenir », révèle-t-il. Et il a dû s’accoutumer aux allers-retours entre Lifou et la Grande Terre pour tenter de faire entendre la voix des professionnels de la mer. « On parle très souvent des mines mais le domaine de la pêche a aussi un énorme potentiel. On est entouré d’eau ! ». Il s’est également approché du gouvernement afin de mettre en place un statut et d’assurer des avantages aux professionnels de la pêche indépendants. Pour l’heure Abel souhaite continuer à exercer son métier et sa passion, qu’il a réussi à transmettre à son fils aîné, lui aussi capitaine mais dans un autre registre, celui de la pêche au large.

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