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Bientôt trois nouveaux navires de pêche à Koumac

La province Nord hébergera courant 2019 un nouvel armement hauturier, SAS Armement du Nord (ADN), composé de trois nouveaux navires de pêche à la palangre de 22 mètres. A la clé, 18 emplois créés, une nouvelle dynamique pour l’activité portuaire de Koumac et des espoirs pour l’export.

La politique gouvernementale de développement de la pêche hauturière annoncée en début d’année se concrétise. Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement en charge du dossier, l’avait dit :

« Dans le respect des règles de gestion durable édictées par le Parc naturel de la mer de Corail, nous allons augmenter la taille de la filière pêche hauturière de 16 à 19 navires ».

C’est désormais chose faite. Mercredi à Koné, les sociétés AMSUD (Ex Sofrana) et NORD AVENIR annonceront officiellement la mise en place d’un nouvel armement : la SAS Armement du Nord (ADN). Créée en avril 2017, la SAS Armement du Nord est détenue à hauteur de 60% par la SAS AMSUD partenaire métier calédonien basé en province Sud, aux savoir-faire avérés dans le secteur, et à 40% par la SAEML NORD AVENIR.

« ADN s’est ainsi engagée dans la construction de trois navires de 22 mètres, une construction issue de l’expérience partagée de PESCANA et de NORD AVENIR par le biais de BABYBLUE, et opèrera une pêche à la palangre dans le quart Nord-Ouest de la ZEE de la Nouvelle-Calédonie. »

Ce projet issu d’un partenariat Nord/Sud, s’inscrit dans le cadre du rééquilibrage économique de la Nouvelle-Calédonie, et dans le cadre de la stratégie de développement économique de la province Nord. Il est, à ce titre, soutenu par la collectivité locale. La pêche hauturière à la palangre est en effet considérée comme un secteur à fort potentiel de développement par la province Nord.

« ADN permettra la création d’emplois (au nombre de 18, principalement issus de Belep, ndlr) et le développement de l’activité portuaire à Koumac. En opérant une pêche à la palangre, sélective, elle exploitera la ressource en poissons hauturiers de façon responsable, et dans le même temps, contribuera durablement à l’objectif d’atteinte de l’autosuffisance alimentaire de la Nouvelle-Calédonie. Au-delà du marché local, elle offrira des débouchés à l’export. »

Le lancement de l’exploitation est prévu courant 2019, ADN projette une commercialisation de 70% de ses captures sur le marché local pour un débarquement total estimé à environ 550 tonnes de produits. Budget d’investissement : 850 millions de francs.

Pourquoi augmenter l’effort de pêche ?

Pour ce qui est des poissons pélagiques, le Pacifique reste la plus « grande réserve mondiale » en matière de protéines marines tirées de la pêche. Selon la dernière évaluation des stocks dans le Pacifique, les scientifiques considèrent que l’espèce n’est pas surexploitée.

Le thon germon (thunnus alalunga) est l’espèce de thon la plus pêchée dans la Zone Exclusive Economique (ZEE) de la Nouvelle-Calédonie. Depuis 2016, les captures sont stables autour de près de 2 500 tonnes par an (soit 1% des captures de thons à la palangre du Pacifique Sud). Le thon blanc représente 64% de la production. Le thon jaune représente 21% des captures.

Contrairement à certains États et territoires océaniens, le niveau de prélèvement sur les stocks de poissons qui traversent le parc naturel de la mer de Corail est très faible (2,3 kg/km2/an). Une technique de pêche sélective, ciblant une ressource dont l’état est jugé satisfaisant, combinée à la mise en œuvre d’un nombre limité de navires, tous locaux, permet d’avancer que l’impact de la pêcherie palangrière calédonienne sur la ressource thonière est très faible. Les navires de pêche ne ciblent que les poissons adultes qui se sont déjà reproduits et qui s’éloignent des bancs de jeunes poissons.

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