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Elever des holothuries en bassin province Sud

Avec un taux de survie de 80 %, une filière de holothuries est développée discrètement depuis trois ans dans des écloseries de crevettes en province Sud. L’objectif ? redynamiser la filière crevette en occupant les bassins mis en jachère, et développer un nouveau marché très prometteur en province Sud.

Des holothuries en bassin en province Sud ? Pourquoi pas. Depuis trois ans, Promosud, la société de financement et de développement de la province Sud, finance un projet de production de bèches de mer (holothuries) en bassin aquacole initialement prévu pour la filière crevette. Un investissement conséquent a été réalisé dans une écloserie à la Ouenghi.

« Nous avons depuis quelques années des grandes difficultés sur la filière crevette, explique Thomas Requillart chargé de mission chez PromoSud, que ce soit en écloserie ou en bassins. Les fermes n’étaient pas suffisamment approvisionnées en bébés crevettes et nous trouvions dommage de laisser ces bassins vides. Nous avons recherché une espèce qui non seulement pouvait être élevée dans les bassins des fermes de crevettes tels qu’ils existaient déjà, mais qui pouvait également apporter une amélioration à ces bassins. Le grand intérêt était également de trouver une espèce qui pouvait être commercialisée ».

Et les résultats seraient enfin au rendez-vous.

Avec un taux de survie proche de l’ordre de 80%, contre une moyenne de 40% en écloserie lambda, la première récolte serait de l’ordre de 150 à 300 tonnes, un volume équivalent à ce qui est péché en une année en Nouvelle-Calédonie.

« Il s’agit pour les fermes aquacoles de produire, en alternance, crevettes et bêches de mer. L’avantage des holothuries est que leur élevage est parfaitement écologique. Ces animaux se nourrissent eux-mêmes sur le fond du bassin. Et en se nourrissant, ils améliorent le sédiment, ils « labourent » les fonds des bassins et cassent le cycle bactériologique de la crevette ; c’est ce que l’on appelle la bio remédiation. Cet élevage devrait permettre de remédier à une partie des problèmes techniques de l’élevage de crevettes, d’où l’alternance ». 

Fort de son succès, PromoSud a dû créer un atelier de conditionnement pour transformer les holothuries.

« Cet atelier a vocation, tout comme l’écloserie, à retourner dans le secteur privé. Mais dans un premier temps, il est nécessaire de sécuriser l’ensemble du procédé et de faire la démonstration de sa réussite. Si la production d’holothuries n’est pas encore rentable, elle a déjà permis de ne pas laisser les bassins de crevettes vides, de procéder à leur amélioration, et les résultats actuels laissent penser que nous pourrions au moins équilibrer les comptes. Ces résultats sont déjà très intéressants pour une filière naissante. »

 

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